
Bien cicatriser après un tatouage: mode d’emploi
Un acte loin d’être anodin
Le caractère définitif du tatouage doit encourager à la plus grande prudence: pas de précipitation! Une fois le projet bien mûri, vient la question du choix de l’artiste. Et là, la beauté du style ne doit pas être le seul critère: il est préférable d’opter pour un salon sérieux, aux pratiques sanitaires rigoureuses.
Qu'on se le dise, le tatouage est avant tout un acte traumatisant pour la peau. Il consiste à injecter des pigments colorés dans le derme (sous l’épiderme), à l’aide d’une machine appelée dermographe. Doté de fines aiguilles, cet appareil perfore la peau à grande vitesse pour y faire pénétrer l’encre, occasionnant ainsi des micro-lésions.
Celles-ci sont autant de portes d’entrée potentielles pour les microbes. "Un tatouage, c’est une plaie à part entière", rappelle Alyssa. "Il faut en prendre soin comme telle."
D’où l’importance d’adopter les bons gestes pour éviter les complications et assurer un rendu conforme aux attentes.

Le saviez-vous ? En Suisse, le métier de tatoueur n’est pas encadré par une formation officielle reconnue au niveau fédéral. En revanche, des formations en hygiène et salubrité sont fortement recommandées, voire exigées dans certains cantons comme Genève. Par ailleurs, les encres utilisées font l’objet d’une règlementation stricte, ce qui n'est pas toujours le cas à l’étranger. Réfléchissez-y à deux fois avant de vous faire tatouer à l’occasion d’un voyage!
Les premiers soins
La peau fraîchement tatouée est particulièrement vulnérable. Pour éviter les infections, il est essentiel de suivre à la lettre les recommandations de son·sa tatoueur·se.
"Il faut éviter de toucher le film protecteur qui entoure la zone tatouée pendant deux heures », explique Alyssa. "Ensuite, je conseille de le retirer et de laisser la peau à l’air libre: sinon, ça macère vite."
Vient ensuite le nettoyage, une étape essentielle pour éliminer les rejets de lymphe, de sang et d’encre. "Après s’être soigneusement lavé les mains, on nettoie délicatement avec un savon doux au pH neutre, en évitant de mettre le jet d’eau directement sur le tatouage. Puis, on laisse sécher à l’air libre."
Dernière étape: appliquer une fine couche de crème hydratante, matin et soir pendant la première semaine. "Il faut vraiment en mettre très peu, juste de quoi hydrater", précise Alyssa.
La routine à adopter
La cicatrisation superficielle dure généralement deux à trois semaines, mais la peau met jusqu’à un mois à se régénérer complètement. Pendant cette période, une routine quotidienne s’impose: nettoyage doux et hydratation régulière, de préférence le soir.
Au fil des jours, de petites croûtes et des peaux mortes peuvent apparaître: elles font partie du processus normal de cicatrisation. "Il ne faut surtout pas gratter", insiste Alyssa. En cas de démangeaison et de tiraillements, crémer permet d’apaiser la peau.
À plus long terme, hydrater régulièrement son tatouage reste un bon réflexe: "Même des années après, mettre de la crème ne peut qu’aider à préserver la qualité du dessin", ajoute-t-elle.
Le choix du soin fait, lui, débat entre les professionnels. "Je suis plutôt du camp des baumes hydratants que des crèmes cicatrisantes", explique Alyssa. "Selon moi, la peau doit prendre son temps pour cicatriser."

Elle privilégie des textures légères et transparentes. "Selon mon expérience, certaines crèmes opaques peuvent légèrement altérer le rendu des couleurs."
Quelques précautions s’imposent
Une bonne cicatrisation demande de la vigilance... et certaines concessions.
"Il faut éviter les activités qui font transpirer, comme le sport intensif ou le sauna, ainsi que les environnements humides (hammams, bains thermaux), les baignades en mer ou en piscine, et l’exposition au soleil pendant un mois", détaille Alyssa. On l’aura compris, mieux vaut attendre l’hiver pour se lancer!
Pour les tatouages de grande taille, cette période peut être prolongée.
Mise en garde supplémentaire: "Les poils d’animaux sont remplis de germes. Mieux vaut donc éviter les contacts pendant la cicatrisation."
Enfin, porter des vêtements amples et doux permet d’éviter les frottements.
Quand s’inquiéter?
Certains signes légers peuvent apparaître: rougeurs, démangeaisons ou petits boutons, parfois liés à une réaction au pansement, à l’adhésif ou à la crème. En cas de doute, il est conseillé de demander l’avis du·de la pharmacien·ne ou de son·sa tatoueur·se.
En revanche, certains symptômes doivent être pris au sérieux :
présence de pus
altération de l'aspect du tatouage
zone qui chauffe
gonflement important
douleur inhabituelle
Ces signes peuvent évoquer une infection. Rendez-vous en pharmacie pour un avis professionnel.
Soleil et tatouage
Avec le temps, il est normal que le tatouage vieillisse : c’est-à-dire qu’il ternit et se décolore légèrement. Les pigments étant sensibles aux UV, l’exposition solaire accélère ce processus.
Même 10 ans après, il est recommandé de continuer à protéger son tatouage avec une crème d’indice SPF 50+, à renouveler régulièrement, pour préserver l'intensité du motif.



