Ados: que faire quand le moral va mal?

Restez informés grâce à nos différentes publications.
Les
rubriques
3 mai 2026

L’adolescence est une étape clé pour poser les fondations d’une bonne santé mentale. Les changements qui surviennent sur les plans physique, social et psychique s’accompagnent d’une plus grande vulnérabilité émotionnelle, avec un risque accru de développer des troubles tels que l’anxiété et la dépression. En tant que parent, soutenir un adolescent lorsque son moral flanche, c’est l’aider à traverser les défis de cette période charnière et à préserver son équilibre émotionnel. Point d’écoute accessible et confidentiel, votre pharmacieplus est là pour vous soutenir dans cette mission. Entretien avec Giusi Mulone, pharmacienne co-responsable à la pharmacieplus de saint-jean, à Genève (GE)

Repérer un jeune qui va mal 

Être parfois morose fait partie de la vie, et même de la puberté. Il s’agit souvent d’une réaction normale aux bouleversements hormonaux, émotionnels et sociaux que traverse l’adolescent. Les variations d’humeur, parfois brutales, sont fréquentes, tout comme les questionnements existentiels sur la vie et la mort.  

Quand faut-il alors s’inquiéter ?  

Un adolescent qui présente une bonne santé mentale a appris à percevoir et à exprimer ses émotions. Il·elle se sent relié·e à sa famille et à ses pairs, et dispose des ressources sociales, émotionnelles et cognitives nécessaire pour mener à bien sa scolarité, faire des rencontres et gagner son indépendance. Il·elle sait faire preuve de résistance face aux difficultés de la vie. 

Les troubles qui peuvent survenir à cet âge affectent les pensées, les émotions et le comportement, altèrent la capacité à effectuer les activités quotidiennes et à entretenir des relations sociales satisfaisantes. 

Quand le mal-être survient, il se manifeste souvent de façon visible : tristesse, désespoir, angoisse, épuisement, idées noires. Mais il arrive toutefois que l’adolescent·e n’ait pas pleinement conscience de sa propre souffrance ou peine à la verbaliser. 

Certains signes, s’ils s’accumulent et s’installent dans la durée, doivent alerter l’entourage : 

  • Difficulté à faire face aux tâches du quotidien (travail scolaire) ou aux exigences des relations sociales et amicales (évitement, retrait, conflits…).  

  • Accumulation de douleurs physiques, d’accidents ou de maladies 

  • Troubles du sommeil ou de l’appétit 

  • Succession d’échecs, notamment scolaires. 

  • Sentiment de vide, apathie, irritabilité, perte de plaisir et d’intérêt, baisse de l’estime de soi 

  • Comportements addictifs ou à risque : consommation de substances (alcool, cannabis ou autres drogues, tabac, médicaments), usage excessif de jeux vidéo ou d’argent ; automutilation ; prises de risques sur la route. 

Dans ces situations, une aide professionnelle est nécessaire. Venez-nous en parler, nous pouvons vous aider à faire le point de manière bienveillante et vous orienter vers les ressources adaptées. 

Soutenir son adolescent·e au quotidien 

Le rôle des parents est déterminant : leur attitude au quotidien peut aider à maintenir le lien, apaiser les tensions et faciliter, si nécessaire, le recours à une aide extérieure. 

Créer un climat de confiance 

Se sentir écouté et pris·e au sérieux est essentiel pour un·e adolescent·e en difficulté. La disponibilité et l’attention bienveillante des adultes vont l'aider à libérer sa parole. 

Être présent, sans forcer 

Les échanges les plus sincères ont souvent lieu dans des moments informels : un trajet en voiture, une promenade, une activité partagée. Exprimer ses observations avec douceur peut ouvrir le dialogue : 

« J’ai remarqué que tu semblais fatigué·e ces temps. Si tu veux en parler, je suis là. » 

Le silence ou le refus de parler fait parfois partie du processus et mérite d’être respecté. 

Valider les émotions 

Rappeler à son enfant que ce qu’il ressent est légitime favorise la confiance : 

« Ce que tu ressens compte, et c’est normal d’avoir des moments difficiles. » 

Des réactions à éviter 

Certaines attitudes peuvent freiner le dialogue : 

  • banaliser les difficultés (« Ça va passer ») 

  • comparer avec sa propre adolescence 

  • réagir par la colère ou le jugement 

Chercher du soutien 

Lorsque le mal-être persiste ou s’aggrave, demander l’avis d’un professionnel est une démarche de protection. Les parents peuvent aussi faire appel à une aide extérieure pour eux-mêmes afin d’être mieux accompagnés dans cette période. 

Les conseils de la pharmacienne 

Giusi Mulone, pharmacienne co-responsable à la pharmacieplus de saint-jean, à Genève (GE) 

La pharmacie : un lieu d’écoute accessible 
La pharmacie est un lieu où l’on parle de santé, accessible six jours sur sept sans rendez-vous. Elle constitue une porte d’entrée pour des jeunes en souffrance et leurs parents, un espace sûr où se confier. L’équipe de la pharmacie écoute avec discrétion et sans jugement. 

Un soutien précieux pour les parents  
Formé à repérer les signes de troubles psychiques, le personnel officinal accompagne les parents pour rester attentifs, soutenir et valoriser leur enfant, et l’aider à trouver des solutions aux problèmes qu’il rencontre. 

Un accompagnement vers les bonnes ressources  
Si nécessaire, la pharmacie oriente les familles vers les structures d’aide et de soutien adaptées. 

Des conseils d’hygiène de vie 
Lorsque le mal-être est léger ou transitoire, le·la pharmacien·ne peut également proposer des conseils d’hygiène de vie : amélioration du sommeil, gestion du stress, accompagnement face à la consommation de substances à risque, équilibre alimentaire. 

Des solutions naturelles en cas de difficultés passagères  
Pour des troubles légers et temporaires, certaines solutions naturelles peuvent être envisagées, toujours avec l’avis du·de la pharmacien·ne : 

  • Fleurs de Bach : White Chelsnut (ruminations, apaisement des pensées), Walnut (protection émotionnelle), Mimulus (peurs) 

  • Phytothérapie : safran et/ou rhodiole, ashwagandha (pour faire face à une situation difficile), valériane (troubles du sommeil), passiflore ou lavande (agitation émotionnelle, nervosité) 

  • Compléments alimentaires : vitamines du groupe B, antioxydants (astaxanthine), curcuma, coenzyme Q10, magnésium et zinc 

Ressources utiles pour les parents et les jeunes 

Besoin d’écoute et d’accompagnement : 

  • Votre pharmacieplus 

  • Pro Juventute: conseils aux parents (tél. 058 261 61 61) et ligne d’écoute pour les jeunes (tél. 147) 

  • ciao.ch : espace d’information et d’échange anonyme pour les 11-20 ans  

  • ontecoute.ch: espace pour les 18-25 ans 

Besoin de consulter : 

  • Point Psy : informations et consultations psychologiques pour les jeunes de 12 à 35 ans (point-psy.ch) 

  • Association Trajectoires pour trouver un·e psychothérapeute (trajectoires.ch) 

En cas de détresse profonde : 

  • Urgences psychiatriques  

  • Malatavie.ch (tél. 022 372 42 42 7j/7 24h/24) 

  • La Main Tendue (tél. 143 7j/7 24h/24, tchat et mail sur www.143.ch) 

Dans la même catégorie

Panne de dodo
Panne de dodo
Un bon sommeil est essentiel pour être en forme. Son dérèglement peut avoir de lourdes conséquences sur la santé physique, psychique et sociale. Heureusement, des solutions existent.
Bien gérer son stress
Bien gérer son stress
Bien gérer son stress: conseils et aides en pharmacie.
Comment trouver un sommeil paisible ?
Comment trouver un sommeil paisible ?
L’importance d’une bonne nuit de sommeil n’est pas à négliger. Découvrez les meilleures astuces pour vous endormir en paix.