
Ados: que faire quand le moral va mal?
Repérer un jeune qui va mal
Être parfois morose fait partie de la vie, et même de la puberté. Il s’agit souvent d’une réaction normale aux bouleversements hormonaux, émotionnels et sociaux que traverse l’adolescent. Les variations d’humeur, parfois brutales, sont fréquentes, tout comme les questionnements existentiels sur la vie et la mort.
Quand faut-il alors s’inquiéter ?
Un adolescent qui présente une bonne santé mentale a appris à percevoir et à exprimer ses émotions. Il·elle se sent relié·e à sa famille et à ses pairs, et dispose des ressources sociales, émotionnelles et cognitives nécessaire pour mener à bien sa scolarité, faire des rencontres et gagner son indépendance. Il·elle sait faire preuve de résistance face aux difficultés de la vie.
Les troubles qui peuvent survenir à cet âge affectent les pensées, les émotions et le comportement, altèrent la capacité à effectuer les activités quotidiennes et à entretenir des relations sociales satisfaisantes.
Quand le mal-être survient, il se manifeste souvent de façon visible : tristesse, désespoir, angoisse, épuisement, idées noires. Mais il arrive toutefois que l’adolescent·e n’ait pas pleinement conscience de sa propre souffrance ou peine à la verbaliser.

Certains signes, s’ils s’accumulent et s’installent dans la durée, doivent alerter l’entourage :
Difficulté à faire face aux tâches du quotidien (travail scolaire) ou aux exigences des relations sociales et amicales (évitement, retrait, conflits…).
Accumulation de douleurs physiques, d’accidents ou de maladies
Troubles du sommeil ou de l’appétit
Succession d’échecs, notamment scolaires.
Sentiment de vide, apathie, irritabilité, perte de plaisir et d’intérêt, baisse de l’estime de soi
Comportements addictifs ou à risque : consommation de substances (alcool, cannabis ou autres drogues, tabac, médicaments), usage excessif de jeux vidéo ou d’argent ; automutilation ; prises de risques sur la route.
Dans ces situations, une aide professionnelle est nécessaire. Venez-nous en parler, nous pouvons vous aider à faire le point de manière bienveillante et vous orienter vers les ressources adaptées.
Soutenir son adolescent·e au quotidien
Le rôle des parents est déterminant : leur attitude au quotidien peut aider à maintenir le lien, apaiser les tensions et faciliter, si nécessaire, le recours à une aide extérieure.
Créer un climat de confiance
Se sentir écouté et pris·e au sérieux est essentiel pour un·e adolescent·e en difficulté. La disponibilité et l’attention bienveillante des adultes vont l'aider à libérer sa parole.
Être présent, sans forcer
Les échanges les plus sincères ont souvent lieu dans des moments informels : un trajet en voiture, une promenade, une activité partagée. Exprimer ses observations avec douceur peut ouvrir le dialogue :
« J’ai remarqué que tu semblais fatigué·e ces temps. Si tu veux en parler, je suis là. »
Le silence ou le refus de parler fait parfois partie du processus et mérite d’être respecté.

Valider les émotions
Rappeler à son enfant que ce qu’il ressent est légitime favorise la confiance :
« Ce que tu ressens compte, et c’est normal d’avoir des moments difficiles. »
Des réactions à éviter
Certaines attitudes peuvent freiner le dialogue :
banaliser les difficultés (« Ça va passer »)
comparer avec sa propre adolescence
réagir par la colère ou le jugement
Chercher du soutien
Lorsque le mal-être persiste ou s’aggrave, demander l’avis d’un professionnel est une démarche de protection. Les parents peuvent aussi faire appel à une aide extérieure pour eux-mêmes afin d’être mieux accompagnés dans cette période.
Les conseils de la pharmacienne
Giusi Mulone, pharmacienne co-responsable à la pharmacieplus de saint-jean, à Genève (GE)
La pharmacie : un lieu d’écoute accessible
La pharmacie est un lieu où l’on parle de santé, accessible six jours sur sept sans rendez-vous. Elle constitue une porte d’entrée pour des jeunes en souffrance et leurs parents, un espace sûr où se confier. L’équipe de la pharmacie écoute avec discrétion et sans jugement.Un soutien précieux pour les parents
Formé à repérer les signes de troubles psychiques, le personnel officinal accompagne les parents pour rester attentifs, soutenir et valoriser leur enfant, et l’aider à trouver des solutions aux problèmes qu’il rencontre.Un accompagnement vers les bonnes ressources
Si nécessaire, la pharmacie oriente les familles vers les structures d’aide et de soutien adaptées.Des conseils d’hygiène de vie
Lorsque le mal-être est léger ou transitoire, le·la pharmacien·ne peut également proposer des conseils d’hygiène de vie : amélioration du sommeil, gestion du stress, accompagnement face à la consommation de substances à risque, équilibre alimentaire.Des solutions naturelles en cas de difficultés passagères
Pour des troubles légers et temporaires, certaines solutions naturelles peuvent être envisagées, toujours avec l’avis du·de la pharmacien·ne :
Fleurs de Bach : White Chelsnut (ruminations, apaisement des pensées), Walnut (protection émotionnelle), Mimulus (peurs)
Phytothérapie : safran et/ou rhodiole, ashwagandha (pour faire face à une situation difficile), valériane (troubles du sommeil), passiflore ou lavande (agitation émotionnelle, nervosité)
Compléments alimentaires : vitamines du groupe B, antioxydants (astaxanthine), curcuma, coenzyme Q10, magnésium et zinc
Ressources utiles pour les parents et les jeunes
Besoin d’écoute et d’accompagnement :
Votre pharmacieplus
Pro Juventute: conseils aux parents (tél. 058 261 61 61) et ligne d’écoute pour les jeunes (tél. 147)
ciao.ch : espace d’information et d’échange anonyme pour les 11-20 ans
ontecoute.ch: espace pour les 18-25 ans

Besoin de consulter :
Point Psy : informations et consultations psychologiques pour les jeunes de 12 à 35 ans (point-psy.ch)
Association Trajectoires pour trouver un·e psychothérapeute (trajectoires.ch)
En cas de détresse profonde :
Urgences psychiatriques
Malatavie.ch (tél. 022 372 42 42 7j/7 24h/24)
La Main Tendue (tél. 143 7j/7 24h/24, tchat et mail sur www.143.ch)


