
20 ans aux côtés des docteurs Rêves
À l’époque, le choix s’est imposé comme une évidence. pharmacieplus a été convaincue par la mission profondément humaine de la Fondation — apporter une parenthèse d’évasion à l’hôpital —, et des valeurs qui font écho aux siennes : proximité, bienveillance et attention portée aux familles.
« Le partenariat s’appuie sur les objectifs quotidiens de nos pharmaciens membres et de leurs équipes: prendre soin des enfants et de leurs parents ! », aime à rappeler Eric Bussat, directeur de pharmacieplus.
Il se déploie sur plusieurs fronts : reportages dans le magazine santéplus, récoltes de dons dans les officines et, chaque année, une action-vente solidaire dédiée à la fondation.
Soutenir la Fondation Théodora, c’est aussi accompagner une aventure humaine hors du commun. Celle de deux frères qui, au début des années nonante, font un pari un peu fou: faire entrer le rire à l’hôpital.

Le rire comme soin à part entière
La Fondation Théodora naît en 1993 de l’élan de Jan et André Poulie, désireux de faire perdurer l’énergie positive et la joie de vivre de leur maman, Théodora, partie trop tôt. Les premières visites ont lieu au CHUV la même année.
Trente-trois ans plus tard, 75 docteurs Rêves interviennent toutes les semaines dans 31 hôpitaux, 29 institutions pour enfants en situation de handicap et 2 hospices pédiatriques, à travers toute la Suisse. La mission de ces artistes au grand cœur et hauts en couleurs? Faire naître des sourires sur le visage des petits patients hospitalisés ou en institution spécialisée grâce à des interactions pleines d'humour et de délicatesse.
« Quand le rire vient, la maladie disparaît, parfois pour quelques instants », souligne Eric Bussat.
« En tant que maman, cela me tient particulièrement à cœur de redonner le sourire aux enfants et à leurs proches dans les moments difficiles », ajoute Christiane Gebhart, responsable du partenariat chez pharmacieplus. Avant d’enchaîner: « La visite des docteurs Rêves leur apporte un peu d’évasion et d’insouciance. »
L'anniversaire de ce soutien coïncide avec une étape importante pour la Fondation: le départ à la retraite de ses deux fondateurs, et l’arrivée d’une nouvelle direction. Une raison de plus de regarder dans le rétroviseur, mais également de se tourner vers l’avenir.

Interview d’André Poulie, cofondateur
De quoi êtes-vous le plus fier quand vous vous retournez sur ces 30 dernières années ?
Quand nous avons débuté, mon frère et moi n’aurions jamais imaginé arriver au point où nous en sommes aujourd’hui. Nous intervenons dans 62 établissements. Cette année, nous allons effectuer 24 000 heures de visite, et en 2025, près de 119 000 enfants ont reçu la visite d’un docteur Rêves.
Quand je réalise tout cela, j’ai un peu de peine à y croire et cela me touche profondément. Ce chemin, nous l’avons parcouru avec de nombreuses personnes qui nous soutiennent depuis toujours. Et les deux tiers de notre histoire, nous les avons partagés avec pharmacieplus.
Quel rôle jouent les partenariats de longue durée dans les actions de la fondation ?
La Fondation Théodora offre gratuitement ses services. Pour construire nos projets, nous avons besoin de partenaires qui s'engagent sur la durée. Cela nous permet de nous projeter et de développer nos activités, car nous savons que nous avons une base solide.
La fidélité de pharmacieplus est aussi rare que précieuse. Les pharmacies jouent un rôle social essentiel, et c‘est aussi grâce à l’engagement de leurs équipes à nos côtés que nous remplissons notre mission auprès des enfants. Toute aussi importante est la visibilité que nous offrent les officines pharmacieplus : beaucoup de personnes découvrent nos activités grâce à elles, et ces gens-là vont peut-être devenir donateurs à leur tour.
Y a-t-il un moment qui résume pour vous l’esprit de la fondation ?
C'est le souvenir de ma mère qui était à mes côtés quand j'ai eu un grave accident, petit, avec une tondeuse à gazon. J’ai subi opérations successives, infections, et greffes compliquées. Tous les jours, maman venait et pendant les heures où elle était là, je n'étais plus hospitalisé parce qu'elle captait toute mon attention sur autre chose. C'est un peu ce qu'on fait modestement aujourd'hui.
Nous sommes là pour ôter l’angoisse à l’enfant et l’aider à s’évader. On va par exemple transformer l’anesthésiste en personnage extraordinaire, en Grand maître des rêves, capable d’endormir en quelques secondes. Le lit qui part en direction de la salle d’opération devient un vaisseau spatial et en faisant cela, un moment profondément stressant se mue en un voyage imaginaire. L’enfant va arriver à la salle d’opération presque le sourire aux lèvres. Ce que nous voulons, c’est que l’expérience de l’hôpital soit positive.
Quels défis et développements attendent la Fondation Théodora à l’avenir ?
Au cours de l'année 2026, notre programme « Rêves d’urgence » sera introduit dans quatre hôpitaux supplémentaires. Nous allons aussi développer nos interventions dans des institutions pédagogiques pour enfants en situation de handicap, où les docteurs Rêves travaillent en étroite collaboration avec les éducateurs. Après l’hospice pour enfants en soins palliatifs « Allani », nous allons être présents au sein d’un nouvel hospice pédiatrique : « Flamingo ». L’accompagnement des petits patients lors de moments stressants, comme les piqûres ou les interventions chirurgicales, est un autre axe appelé à se renforcer.
Ce développement de la Fondation pose des défis logistiques et humains. Pour répondre aux demandes croissantes des hôpitaux, nous devons engager et former environ dix nouveaux docteurs Rêves chaque année. Il faut des artistes aux qualités humaines et artistiques exceptionnelles, capables d’intervenir dans des contextes parfois difficiles.
Tout cela se fera désormais sans nous, les fondateurs. Mais je suis serein, car les valeurs de la Fondation sont profondément ancrées dans nos équipes et la direction qui reprend le flambeau.
Une nouvelle direction collégiale
Dès le 1er juin 2026, une direction composée de trois responsables internes prendra le relais des frères Poulie: Patricia Bohle, auparavant directrice des Programmes, assumera la direction générale, soutenue par Miriam Bass Costantini et Verena Herger, respectivement à la tête de l’Académie et de la Communication. Une transition sous le signe de la continuité et de la fidélité aux valeurs qui portent la Fondation depuis 33 ans.
