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Secrets de plantes
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Porte d’entrée des médicaments, les plantes n’ont pas fini de nous livrer leurs secrets. Confidences d’un chercheur passionné. Kristin Aubort

Développement de remèdes à l’efficacité prouvée scientifiquement, transfert de compétences, accessibilité des remèdes aux populations locales… Si certaines plantes ont largement fait leurs preuves dans le domaine de la santé, la recherche en phytothérapie s’ouvre à des projets novateurs qui s’appuient sur le développement durable. Le témoignage d’ElHadji Assane Diop, pharmacien à la pharmacieplus de l’orangerie, à Neuchâtel et collaborateur au laboratoire des sciences analytiques de l’Ecole de Pharmacie de Genève-Lausanne, à Genève, illustre bien le propos.  

Interview

ElHadji Assane Diop, vos recherches sur le traitement de l’hypertension par deux plantes africaines ont récemment été primées à deux reprises. Qu’est-ce qui a déclenché votre passion pour les plantes?

J’ai grandi avec les plantes puisque ma mère nous faisait régulièrement des tisanes alors que mon père était pharmacien au Sénégal. C’est devenu une passion plus tard en voyant les potentiels thérapeutiques de celles-ci, à l’école de pharmacie de l’Université de Genève, lorsque j’ai suivi les cours de botanique puis de phytochimie donnés par le professeur Kurt Hostettmann. Cette passion effrénée a débuté à l’occasion de mon travail de master sur une approche de pharmacologie inversée: des enquêtes de population ont permis de savoir quelles plantes étaient utilisées pour traiter la malaria et ensuite d’en sélectionner les plus prometteuses dans le but de mener des études de pharmacognosie poussées à leur sujet.  

Et désormais…

Désormais, sur la base de ce que j’ai pu observer auprès des populations locales au Sénégal et au Mali notamment, mon but est d’améliorer les formules traditionnelles des plantes qui font leurs preuves et de les valider cliniquement. J’ai donc initié et participé à des recherches sur le kinkeliba et le bissap, deux plantes réputées pour leur action bénéfique sur l’hypertension, une maladie chronique silencieuse, qui touche aussi bien les Africains que les Occidentaux.

Qu’apporte la validation d’un remède phytothérapeutique dans le cas des personnes qui se traitent selon des formules traditionnelles avec des plantes locales?

Pour moi, la base c’est d’aider les gens, de trouver dans leur environnement des remèdes que nous pouvons leur restituer avec une validation scientifique et qui leur soient accessibles. C’est important pour leur santé! Lors de mon travail de master j’ai pu participer au développement d’un médicament traditionnel amélioré au Mali, à partir des savoirs locaux. Cette approche se fait aussi dans un esprit de respect du développement durable puisqu’il ne s’agit pas forcément de grosses productions et que cette firme travaille avec des plantes locales utilisées par les populations et pour lesquelles des preuves d’efficacité et d’innocuité sont apportées.

Certaines plantes africaines sont également très appréciées sous nos latitudes…

Bien entendu! La recherche permet également de profiter largement des vertus de certaines plantes. On peut tout simplement penser à la griffe du diable (Harpagophytum procumbens), que l’on trouve entre autres dans les steppes de Namibie, préconisée en cas d’arthrose, ou à la racine de géranium du Cap (Pelargonium sidoides), une plante d’Afrique du Sud, efficace contre la bronchite. Il y a 100 ans déjà, le Dr A. Sechehaye la prescrivait pour soigner la tuberculose à Genève! Aujourd’hui, on la trouve en pharmacie sous forme de comprimés filmés et d’extraits standardisés.

Et puis le bissap (Hibiscus sabdariffa), originaire d’Amérique centrale, puis réintroduite dans les régions tropicales, que les Sénégalais utilisent traditionnellement comme diurétique et tonique ainsi qu’en tant que vermifuge et laxatif doux. Une première étude clinique1 a montré un bénéfice notoire en comparaison aux médicaments (IECA) pour le traitement de l’hypertension. Des préparations ont été développées en Suisse comme compléments alimentaires sous forme de comprimés. Ici, à la pharmacie, nous la proposons en préparations officinales de sirop et en gélules, pratiques à emporter dans ses bagages.

Côté bien-être, cette belle fleur rouge et riche en vitamine C, est à la base du célèbre et savoureux «bissap», une tisane servie très fraîche dans tout l’Ouest africain. Bon à savoir, la fleur séchée, coupée ou entière, est disponible en pharmacie.  

 

Début juin 2018, dans le cadre du congrès tétra-national de phytothérapie qui s’est déroulé à l’Université de Vienne, ElHadji Assane Diop s’est vu remettre le prix d’innovation, décerné par la Société Allemande de Phytothérapie (GPT) pour son travail « Reconnaissance de la Médecine Traditionnelle Africaine pour la prise en charge de l’hypertension artérielle ».

Le conseilplus

Tisanes, hydrolats, teintures, huiles essentielles, extraits de plantes standardisés (EPS), extraits secs (gélules, comprimés)… Le pharmacien reste le spécialiste des remèdes à base de plantes. Son conseil personnalisé et adapté aux besoins de chacun est indispensable. Attention, certaines plantes ne doivent pas être administrées à la femme enceinte et au petit enfant notamment. Lors de prises d’autres remèdes, le pharmacien portera une attention particulière aux risques d’interactions. 

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